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Endométriose : quels sont les symptômes et comment mieux comprendre son corps ?

L’endométriose peut prendre bien des visages. Parfois visible, souvent invisible, elle peut s’inviter dans le quotidien de nombreuses façons…

L’endométriose peut prendre bien des visages. Parfois visible, souvent invisible, elle peut s’inviter dans le quotidien de nombreuses façons…

L’endométriose est une maladie gynécologique chronique qui peut prendre des formes très différentes d’une femme à l’autre. Certaines vivent avec des douleurs importantes, d’autres avec une fatigue qui semble ne jamais disparaître. Certaines ont des règles particulièrement douloureuses, des troubles digestifs, des douleurs pendant les rapports ou encore des difficultés à concevoir un enfant. Et parfois, l’endométriose est là… sans provoquer de symptômes évidents. C’est aussi ce qui rend cette maladie si difficile à comprendre. Parce que l’endométriose ne se résume pas à « avoir mal pendant ses règles ». Elle peut s’inviter dans de nombreux aspects du quotidien : le sommeil, l’énergie, l’alimentation, la vie professionnelle, la vie de couple, la maternité, la vie sociale et même la façon dont on perçoit son propre corps.

Alors, quels sont réellement les symptômes de l’endométriose ? Et comment apprendre à mieux écouter son corps lorsqu’on vit avec cette maladie ?

L’endométriose, c’est quoi exactement ?

L’endométriose, découverte en 1860, est une pathologie longtemps ignorée, parfois très difficile à vivre au quotidien. Elle se définit en tant que maladie chronique, à dépendance inflammatoire, immunitaire et hormonale. C’est une maladie gynécologique fréquente qui touche environ 1 femme sur 10 en âge de procréer. L’origine de cette pathologie est très discutée mais surtout supposée (métastase, immunologie, génétique, épigénétique et environnementale, cellules souches…).

L’endomètre (muqueuse interne de l’utérus) change d’épaisseur sous l’influence des hormones ovariennes selon le cycle. S’il n’y a pas nidation, l’endomètre se désagrège et s’évacue à l’extérieur par le vagin : c’est le processus des règles.

Chez les femmes atteintes d’endométriose, ce tissu, au lieu de s’évacuer et se détruire, se forme en dehors de la cavité utérine, souvent dans le bassin, dans les ovaires, l’intestin ou la vessie, et plus rarement, dans les tissus et organes en dehors de la cavité utérine (péritoine, ovaire, trompe, intestin, vessie, uretère, diaphragme…). Il réagit aux fluctuations hormonales du cycle menstruel et provoque des lésions, des kystes ovariens, des adhérences ou des réactions inflammatoires.

L’endométriose peut toucher différentes zones du corps et son expression est très variable. Et surtout, l’intensité des douleurs ne permet pas toujours de déterminer l’étendue de la maladie.

Deux femmes ayant de l’endométriose peuvent donc avoir des symptômes et des ressentis complètement différents.

Il existe différentes formes d’endométriose :

• Endométriose pelvienne minime

•  Endométriose ovarienne

•  Endométriose profonde (infiltrant la vessie, les uretères et/ou le rectum)

•  Endométriose extra-pelvienne (pariétale, diaphragmatique, thoracique)

•  Adénomyose superficielle (dans le muscle utérin)

•  Adénomyose profonde (dans le muscle utérin)

Il est important de distinguer l’adénomyose (qui est une endométriose mais dans le muscle utérin) de l’endométriose au sens propre, qui est en dehors du muscle utérin.

L’adénomyose est une anomalie de la zone de jonction située entre l’endomètre (muqueuse qui tapisse l’utérus) et le myomètre (muscle de la paroi utérine) qui va laisser les cellules de l’endomètre infiltrer le myomètre. Elle peut être superficielle (épaississement de la zone jusqu’à 12 mm) ou profonde (et douloureuse). Elle concernerait 11 à 13 % de la population féminine. Dans 25 % des cas, les femmes atteintes ont de 36 à 40 ans. Dans 6 à 20 % des cas, adénomyose et endométriose sont associées.

Quels sont les principaux symptômes de l’endométriose ?

Vous l’aurez compris, il n’existe pas un seule façon d’avoir d’endométriose. Les symptômes peuvent être très variés et évoluer au cours du temps.

Voici les symptômes plus fréquents :

♦ Règles très douloureuses (Dysménorrhées)

Les douleurs menstruelles importantes sont appelées dysménorrhées. La variation de ce symptôme peut vraiment différer entre des règles inconfortables et des douleurs qui deviennent réellement handicapantes à différentes échelles : devoir prendre régulièrement des antalgiques pour réussir à fonctionner ; être obligée de rester allongée ; manquer le travail ou les cours ; avoir des nausées ou des malaises ; ne plus pouvoir pratiquer ses activités habituelles ; ressentir des douleurs qui irradient vers le dos, les jambes ou le bassin…

Avoir très mal pendant ses règles n’est pas quelque chose que l’on devrait systématiquement banaliser. Une douleur importante, récurrente ou invalidante mérite d’être prise au sérieux et d’en parler à un professionnel de santé

♦ Douleurs pelviennes

L’endométriose peut également provoquer des douleurs en dehors des règles. Elles peuvent être localisées dans le bas-ventre, le bassin ou parfois s’étendre vers le bas du dos. Certaines femmes décrivent une sensation de tiraillement, de pesanteur, de brûlure ou de douleur profonde. Ces douleurs peuvent être présentes de façon ponctuelle ou devenir plus persistantes. Et lorsque la douleur s’installe dans la durée, elle peut finir par prendre beaucoup de place dans la vie quotidienne

♦ Douleurs pendant ou après les rapports (Dyspareunies)

Les douleurs pendant les rapports sexuels, notamment lorsqu’elles sont profondes, peuvent également être associées à l’endométriose. Ce symptôme peut avoir des conséquences bien au-delà de la douleur physique. Vie intime perturbée, appréhension avant un rapport, incompréhension du partenaire, baisse de désir, sentiment de culpabilité… Il est parfois difficile d’en parler. Pourtant, ce n’est ni normal de souffrir en silence, ni une fatalité. Si vous êtes concernée, parlez en à votre médecin, gynécologue ou toute autre personne compétente pour vous accompagner sur ce sujet

♦ Les troubles digestifs

Fréquents chez les personnes souffrant d’endométriose, ils peuvent notamment prendre la forme de ballonnements ; douleurs abdominales ; constipation ; diarrhée ; alternance constipation/diarrhée ; sensation de digestion difficile ; douleurs au moment d’aller à la selle…

♦ Les douleurs lors des selles ou de la miction

Selon la localisation des lésions, certaines femmes peuvent ressentir des douleurs lorsqu’elles vont à la selle ou lorsqu’elles urinent, notamment pendant les règles. Des symptômes urinaires ou digestifs cycliques doivent être signalés au professionnel de santé qui vous suit. Ils peuvent constituer des éléments importants dans l’évaluation de votre situation

♦ La fatigue

Un symptôme dont on parle encore trop peu. Celle que l’on ne voit pas. Celle qui peut donner l’impression d’avoir dormi toute la nuit… et de se réveiller pourtant déjà épuisée.

Lorsque l’on vit avec des douleurs répétées, des règles difficiles, un sommeil perturbé ou une charge émotionnelle importante, la fatigue peut devenir très présente dans le quotidien. Et parfois, elle est difficile à expliquer à l’entourage. « Mais tu as dormi pourtant… » Oui. Mais dormir et récupérer sont deux choses différentes.

♦ Infections urinaires / Mycoses

Le processus inflammatoire de l’endométriose provoque souvent une baisse des défenses immunitaire et une dysbiose vaginale (déséquilibre de la flore vaginale) importante

♦ Infertilité 

Un symptôme souvent mis en avant, mais cela n’est pas systématiquement présent. L’endométriose peut parfois compliquer le parcours vers la grossesse et rendre le chemin vers la maternité plus long ou plus incertain. Un parcours qui peut être fait d’attente, de rendez-vous, d’espoir, de déceptions… et de beaucoup d’émotions. Mais chaque histoire est différente, et un diagnostic d’endométriose ne signifie pas qu’il sera impossible d’avoir un enfant. Il est important de pouvoir être accompagnée, écoutée et soutenue tout au long de ce parcours, sans perdre de vue l’essentiel : avancer à son rythme et garder une place pour l’espoir.

Les symptômes invisibles sont parfois les plus difficiles à expliquer. C’est l’une des grandes difficultés des maladies chroniques. Certaines journées, vous pouvez sembler parfaitement bien : vous souriez, vous travaillez, vous faites vos courses, vous vous occupez de vos enfants…. Et pourtant, à l’intérieur, vous êtes épuisée ou douloureuse. Cette invisibilité peut entraîner beaucoup d’incompréhensions…

« Pourtant, tu as l’air en forme. »

Une phrase qui peut sembler anodine… Mais quand on doit déjà composer avec la douleur, elle peut être difficile à entendre. Vous n’avez pas besoin d’avoir l’air malade pour que ce que vous ressentez soit réel.

Quand l’endométriose prend aussi de la place dans la tête : Vivre avec une maladie chronique ne concerne pas uniquement le corps.

Il faut parfois apprendre à composer avec la peur de la prochaine crise ; les rendez-vous médicaux ; les examens ; les traitements ; les journées où l’on doit annuler quelque chose ; les douleurs que les autres ne voient pas ; l’impression de devoir constamment expliquer ce que l’on ressent…

Et puis il y a cette fameuse charge mentale. Parce que lorsque l’on est déjà maman, salariée, indépendante, compagne, amie, fille, ou que l’on essaye de porter la vie… le corps peut avoir besoin de repos alors que la vie, elle, continue de demander des choses. Les repas ne vont pas se préparer seuls. Le travail ne disparaît pas parce que le bassin fait mal. Et le cerveau, lui, peut continuer à fonctionner à plein régime à 23h47. Cette dimension psychologique et sociale ne signifie évidemment pas que les douleurs sont « dans la tête ». La douleur est réelle. Mais son impact émotionnel et la façon dont elle s’intègre dans notre quotidien méritent également d’être pris en compte.

Quand consulter un médecin ou un gynécologue ?

Le diagnostic est très difficile et l’errance médicale reste importante pour cause que très peu d’examens peu intrusifs pour le corps ne le diagnostiquent. Elle peut être aperçue sur un scanner pelvien, mais c’est très peu « sûr » ; cela est généralement diagnostiqué par IRM pelvienne, et là encore cet examen est discuté et discutable concernant la sureté du résultat.

Des règles très douloureuses, des douleurs pelviennes répétées ou des symptômes digestifs et urinaires cycliques ne doivent pas être systématiquement considérés comme « normaux ». Une consultation peut permettre de reprendre l’histoire des symptômes, leur évolution, leur intensité et leur impact sur votre quotidien.

Si vous avez l’impression que quelque chose ne va pas, écoutez ce ressenti et osez en parler. Vous connaissez votre corps mieux que personne.

Et la naturopathie dans tout ça ?

La naturopathie ne soigne pas l’endométriose et ne remplace pas le suivi médical. Elle peut en revanche s’inscrire, pour certaines personnes, dans une démarche complémentaire visant à prendre soin de l’hygiène de vie et du bien-être au quotidien. L’objectif n’est pas de chercher une solution miracle. Il n’est pas non plus de vous donner une liste interminable d’interdits, mais il s’agit plutôt de regarder votre situation dans son ensemble.

Selon vos besoins et votre situation, différents sujets peuvent être abordés : alimentation et équilibre alimentaire , sommeil et récupération , gestion du stress , relaxation et respiration , rythme de vie , activité physique adaptée , écoute des signaux du corps , équilibre entre obligations et temps pour soi…

Et surtout, arrêter de penser qu’il faut mériter le repos.

Chez Soins Émoi, je propose un accompagnement en naturopathie qui peut venir en complément de votre parcours médical, notamment autour de l’hygiène de vie, de l’alimentation, du sommeil, de la gestion du stress et de la relaxation. L’objectif ? Pas de promesse miracle. Pas de perfection. Pas de culpabilité. Des pistes adaptées à votre quotidien, à votre rythme et à vos besoins.

Si vous souhaitez faire le point sur votre situation, vous pouvez me contacter pour échanger autour d’un accompagnement personnalisé.

ℹ️ Important : Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale, un diagnostic ou un traitement. En cas de douleurs importantes, inhabituelles ou persistantes, parlez-en à un professionnel de santé.

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